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SORTIES & DECOUVERTES

Visite d’une serre de tomates en Bretagne

La tomate est emblématique de l’été. Dès que les beaux jours arrivent, on en met dans nos assiettes et d’ailleurs, les français en consomment en moyenne 15 kg par an (+ 18.4 kg sous forme transformée). Mais comment sont-elles produites ?

Atmosphère tropicale, plants de tomates à perte de vue… Bienvenue dans les serres de tomates de Frédéric Diot, à quelques kilomètres de Rennes. Vous ne le savez peut-être pas, mais la Bretagne produit près de 90% des tomates et concombres de France. Frédéric a eu la gentillesse de nous ouvrir les portes de ses serres afin de nous dévoiler son lieu de travail et ses méthodes de production. Il est producteur de tomates et adhérent de la coopérative Solarenn, qui regroupe 1000 producteurs et commercialise 368 000 tonnes de tomates chaque année.

Avant que l’AOP nationale « Tomates et concombres de France » et Mélissa de l’agence Gulfstream ne m’y invitent, je n’avais jamais visité de serres. Lorsque j’ai parlé de cette journée découverte à mon entourage, certains ont soulevé le fait que cette agriculture soit « moins naturelle », « plus industrialisée » que la culture en terre. Des a priori qui se sont avérés totalement infondés.

Serre, culture hors sol, variétés hybrides,… Frédéric Diot a tout passé en revue. Grâce à lui, j’ai pu me rendre compte que la culture sous serre se base sur une agriculture raisonnée. Tout d’abord, la serre permet de protéger les cultures des intempéries et d’une partie des nuisibles. La culture hors sol, où les tomates se développent dans du substrat comme la fibre de coco, offre un arrosage goutte à goutte, directement au niveau des racines. Cette irrigation a circuit fermé permet de ne pas perdre d’eau, ni de nutriments.

Ensuite, et j’étais loin de l’imaginer, il est également question de reproduire un éco-système naturel sous la serre. L’introduction de certains insectes (comme les bourdons pour la pollinisation) permet de lutter contre les nuisibles (pucerons, mouches blanches,…) et de réduire ainsi l’apparition de certaines maladies. Frédéric nous a d’ailleurs expliqué qu’il n’utilise pas de pesticides ou produits phytosanitaires pour cultiver ses tomates, son dernier traitement se composait uniquement d’eau et de savon noir. Je fais la même chose dans mon jardin pour éliminer certains parasites qui s’attaquent aux feuilles, c’est très efficace et naturel.

Toujours dans l’optique d’éviter les traitements chimiques, Frédéric achète des plants de tomates hybrides. Contrairement aux OMG, le croisement hybride se fait naturellement à partir des fleurs et des pollens. L’idée est d’obtenir de délicieuses tomates, qui soient aussi moins sujettes aux maladies. Chaque année, avant la mise en place de nouveaux plants de tomates en semaine 51, la serre est totalement vidée et nettoyée durant 3 à 4 semaines. Tous les déchets végétaux sont alors compostés.

Contrairement à ce que pensent certains, culture sous serre ne rime pas avec industrialisation. Chaque opération est réalisée à la main, et je peux vous assurer que c’est un sacré travail : il faut effeuiller toutes les semaines afin que les premiers bouquets de tomates puissent bien mûrir, placer une « béquille » pour maintenir les tomates qui grossissent et deviennent lourdes, veiller à ce que chaque plant se porte bien, récolter,… La serre est immense, très haute car un pied de tomates peut mesurer jusqu’à 13 mètres, et l’été il y fait très chaud et humide. La tomate aime le soleil, et absorbe puis rejette naturellement l’eau pour réguler la température de la serre. Néanmoins, tout est relatif car lorsque nous y étions fin juin, nous avions l’impression d’être dans un sauna !

Finalement la culture de tomates sous serre pourrait presque obtenir le label bio, le seul obstacle étant qu’il s’agit d’une culture hors sol. Les producteurs adhérents à l’AOP nationale doivent respecter une charte, et je trouve dommage que le consommateur n’en ait pas d’avantage connaissance. J’avais bien remarqué sur certains emballages la mention « sans pesticides » mais je me disais bêtement qu’il s’agissait d’un argument marketing. Maintenant que j’ai connaissance des méthodes de production des tomates de l’AOP « Tomates de France », je les achète les yeux fermés ! D’ailleurs, j’en profite pour vous rappeler que les tomates ne se conservent pas au réfrigérateur : sous 12 degrés elles perdent leurs qualités organoleptiques !

Vous saviez déjà tout ça sur les tomates ? Quelles sont vos variétés préférées ?

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